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Sauvetage dans les Alpes-Martitimes : pourquoi des chevaux tombent dans des piscines ?

Sauvetage dans les Alpes-Martitimes : pourquoi des chevaux tombent dans des piscines ?

Un accident peu commun s’est produit le 15 novembre dans le Sud-Est, dans la commune de Vence (Alpes-Maritimes). Un cheval âgé de 30 ans est tombé dans une piscine et s’est retrouvé bloqué ne parvenant pas à sortir de l’eau.

Ce type d’accident ne fait pas partie de la routine des services de secours, et pourtant ce n’est pas pour la première fois que les équipes composées des spécialistes de sauvetage et des vétérinaires doivent secourir un cheval tombé dans une piscine, loin de là. Rien que dans le département Alpes-Maritimes, les pompiers gèrent chaque année près de 15 interventions similaires.  

Sauvetage à Vence, 15 novembre 2020 (crédit image ©SDIS 06)

 

Sauvetage du cheval tombé dans une piscine à Vence : ce qu’on sait de l’accident

Cette fois-ci,  l’opération de sauvetage a été menée par les pompiers du groupe Sauvetage Animalier et la vétérinaire du Service Départemental d'Incendie et de Secours 06. Heureusement, l’histoire se finit bien et le cheval sort de cette mésaventure sain et sauf.  

Comme l’a expliqué Véronique Vienet, vétérinaire du SDIS 06, dans ces accidents en piscine, le danger ne vient pas de la présence de l’eau, car le cheval est un animal qui sait parfaitement nager, mais, au contraire, du manque de profondeur. En l’occurrence, cette piscine particulière à Vence était à moitié vidée, ce qui empêchait le cheval de retrouver son équilibre. C’est là où le risque de blessures est particulièrement élevé.   

Pour sortir l’animal de la piscine, des planches et des harnais sont utilisés. Or le bon équipement ne fait pas tout et c’est la coordination des équipes et le savoir-faire des agents de sauvetage qui est décisif. L’opération n’est pas anodine et s’avère toujours assez compliquée et délicate.  Un cheval pèse plusieurs centaines de kilos, et les secouristes doivent veiller à ce que l’animal ne se blesse pas.

Sauvetage à Sanary-sur-Mer en avril 2020 (crédit image : ©SDIS 83)

 

Le sauvetage peut durer plusieurs heures ou même parfois une journée entière (comme c’était le cas en octobre 2018, à Faucon) et mobiliser des équipes de 10 à 15 sapeurs-pompiers. Un vétérinaire est toujours présent sur les lieux pour intervenir à tout moment et examiner l’animal à l’issue de l’opération.

Sauvetage dans l'Eure en août 2020 (crédit image : ©Sylvain Cantrel )

 

Pourquoi ces accidents sont si fréquents ?

Véronique Vienet et la rédaction de FranceTvInfo.fr expliquent le phénomène en mettant en évidence les spécificités de la vision du cheval. 

Vous avez peut-être déjà entendu parler du champ de vision très étendu chez le cheval : environ 320° -340°, comparé au champ de vision à 180° - 190° seulement chez  l’homme. On parle ainsi de la vision « panoramique » chez le cheval qui est due au positionnement latéral des yeux.

Cette vision est cependant monoculaire, c’est-à-dire obtenue par chaque œil indépendamment l’un de l’autre. Elle présente certains avantages (et notamment la possibilité d’apercevoir très rapidement chaque mouvement dans l’entourage), mais aussi des inconvénients.  Celui qui nous intéresse ici est l’incapacité du cheval de distinguer des éléments situés tout près de lui, et surtout ceux qui se trouvent directement devant.

Il y a donc une sorte d’angle mort dans le champ de vision du cheval, ce qui nous fournit l’explication des accidents répétitifs au bord des piscines. Si la perception du bassin de loin est fausse ou pas assez détaillée, le cheval ne peut plus la changer une fois arrivé au bord de la piscine : il ne le voit pas !

  


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