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L'Aspergillose chez les oiseaux

Nepita

L’ASPERGILLOSE – UNE MALADIE REDOUTABLE


L’aspergillose est une mycose, c'est-à-dire une maladie provoquée par un champignon. Elle est redoutable, en particulier chez les oiseaux, car le plus souvent mortelle. Elle est frustrante pour les vétérinaires, les malades étant le plus souvent présentés trop tardivement en consultation, pour pouvoir agir avec quelque efficacité. Il existe cependant un moyen très simple d’éviter cette maladie, à savoir, empêcher que le champignon trouve, dans l’élevage, les conditions favorables à son développement. On parle alors de prophylaxie.

Aspect clinique


L’aspergillose peut être localisée à un ou plusieurs endroits de l’organisme, ou encore généralisée. On observe cependant, pour l’essentiel, une atteinte préférentielle du système respiratoire. Les symptômes n’ont malheureusement pas d’aspect caractéristique.
Formes respiratoires.

On distingue une forme aiguë et des formes chroniques.

La forme aiguë peut être très rapidement mortelle, en quelques jours. Elle touche essentiellement de très jeunes oiseaux, exposés brutalement à une très forte concentration de spores contaminantes, en suspension dans l’air ambiant.
La forme chronique, d’incubation beaucoup plus lente, se développe à « bas bruit », c'est-à-dire sans que l’on s’en rende vraiment compte extérieurement, pendant une période parfois très longue. L’oiseau paraît moins en forme, perd du poids, présente des périodes de plus en plus rapprochées de gêne respiratoire, fatigue vite et, a du mal à récupérer rapidement, surtout après un exercice ou une capture. Son plumage devient plus terne, signe d’un mauvais état général. Il peut aussi bailler fréquemment et secouer la tête, comme pour éjecter quelque chose. La voix peut être modifiée, voire stoppée. Avec l’évolution de la maladie, il est possible d’observer des crises de type asphyxiques (l’oiseau « pompe l’air »), crises qui peuvent conduire à une véritable détresse respiratoire et, éventuellement à la mort.
Un autre aspect de l’aspergillose chronique peut s’observer sous la forme d’une atteinte du sinus nasal. Les narines, les cavités nasales, sont alors colonisées par le champignon. Les lésions (aspergillomes) parviennent, dans certains cas, à creuser la maxille (mandibule supérieure), couche de corne externe (rhinothèque) comprise.
Formes non respiratoires
Le champignon peut se développer, également, dans les os pneumatisés (os comportant des diverticules des sacs aériens, diverticules qui, en l’occurrence, jouent le rôle de voie de dissémination). On peut aussi le trouver dans le cerveau, le cœur, les parties externes de l’œil, éventuellement sur la peau.

Etiologie

L’agent responsable de cette maladie est un champignon universellement répandu, du genre Aspergillus. Il en existe plus de 300 espèces. Celle responsable de la majorité des cas d’aspergillose aviaire est Aspergillus fumigatus. Ce champignon se développe, à l’extérieur, préférentiellement dans les milieux humides, chauds et pourvus d’oxygène : litières végétales, aliments souillés, excréments en dépôts excessifs. Ceci laisse déjà entrevoir le rôle capital de la prévention.

Facteurs favorisants

Ce sont toutes les causes qui entraînent une baisse des défenses naturelles de l'oiseau et favorisent, de la sorte, l’installation du champignon et son développement. Parmi ces causes, citons : les stress de tous genres (captures, déplacements, surpopulation, maladies concomitantes…), un manque évident d’hygiène (cages ou volières non entretenues régulièrement et correctement, avec des aliments moisis mélangés aux selles, qui stagnent sur le fond de la cage…), alimentation douteuse, défectueuse, carencée (en vitamine A, plus particulièrement), utilisation de locaux humides, mal ventilés (poussières excessives, vapeurs d’ammoniac produites par des litières très souillées). Par contre, un temps sec favorise la mise en suspension des spores du champignon, avec le facteur aggravant que représente une surpopulation d’oiseaux.
Par ailleurs, il faut bien avoir à l’esprit le fait qu’une distribution excessive et irraisonnée d’antibiotiques joue également un facteur de risque important dans l’apparition de l’aspergillose. Il en est de même, pour une corticothérapie prolongée.
Il faut savoir que les jeunes oiseaux, dont le système immunitaire n’est pas encore totalement fonctionnel, sont plus sensibles.

Il faut bien insister sur le fait que l’aspergillose n’est pas une maladie contagieuse, ce qui signifie qu’elle ne peut pas se transmettre entre oiseaux. Par contre, les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets, chez des individus réceptifs.
Les oiseaux se contaminent par le biais des spores, présentes dans leur milieu de vie. Ces spores ont une très petite taille (2 à 3 µm). Elles pénètrent essentiellement par les narines, puis gagnent l’appareil respiratoire profond et, en premier lieu, les sacs aériens postérieurs. Les sacs aériens représentent, pour l’Aspergillus, une localisation idéale pour son développement (chaleur + humidité + oxygène) et ce, bien entendu, tant que les défenses immunitaires de « l’hôte récepteur » ne s’y opposent pas. Les spores germent et établissent un réseau de filaments mycéliens qui envahissent les tissus. Le champignon a une action mécanique obstructive par ses filaments, irritante en raison de l’inflammation crée localement et, toxique pour tout l’organisme (sécrétion de mycotoxines).

Lésions

Dans la forme chronique respiratoire, la lésion majeure se présente sous la forme de plaques séro-fibrineuses, d’épaisseur plus ou moins variable, qui adhèrent à divers niveaux de l’appareil respiratoire. Ces lésions sont particulièrement spectaculaires, au niveau des sacs aériens et des poumons. On découvre malheureusement assez souvent, de véritables lésions caverneuses (granulomes, ou « aspergillomes » dans ce cas), qui moulent les sacs aériens. D’aspect jaunâtre, elles sont tapissées dans leur partie centrale, par un feutrage mycélien de couleur gris-verdâtre (aspect identique à celui que prend la surface d’un morceau de pain moisi).
Ce même type de lésion peut se retrouver au niveau des bronches, de la trachée, de la syrinx (la « boite à musique » de l’oiseau) et, provoquer une obstruction complète entraînant la mort par asphyxie.

Diagnostic

Le gros problème, en ce qui concerne cette maladie, tient a la difficulté qu’il y a, à établir un diagnostic de certitude, du vivant de l’oiseau et, quadrature du cercle, un diagnostic suffisamment précoce, pour espérer pouvoir débuter un traitement ! Malheureusement, un tel diagnostic est quasiment impossible à obtenir, ou alors, intervient trop tardivement.
Le recueil des commémoratifs est essentiel et permet d’orienter la recherche.
Plusieurs points importants sont à signaler :
En l’absence de lésions caractéristiques (si tant est qu’on les mette en évidence), l’obtention d’une culture d’Aspergillus, à partir d’un écouvillonnage trachéal, ou de selles, ne signifie pas pour autant aspergillose. Il peut s’agir tout simplement de la détection de spores en transit !
Des radiographies permettent d’orienter le diagnostic (épaississement des sacs aériens, présence de granulomes). Mais, à ce stade, le traitement risque d’arriver trop tardivement pour être effectif. L’hématologie, l’électrophorèse peuvent apporter quelques informations supplémentaires. L’endoscopie (avec les risques inhérents à ce type d’examen, chez un oiseau en insuffisance respiratoire prononcée) permet la visualisation directe des lésions et, la réalisation de biopsies très utiles pour une mise en culture immédiate du champignon et, son identification.
La sérologie est intéressante, mais insuffisante pour assurer parfaitement un diagnostic.
Attention cependant, ces tests ne sont pas praticables, si un traitement antibiotique a déjà débuté. Pour rechercher la présence d’éventuels anticorps aspergillaires, on utilise essentiellement la technique d’immunoélectrosynérèse.
La recherche d’antigènes spécifiques, telle qu’elle est pratiquée chez l’homme, avec un test ELISA spécifique (Platelia®Aspergillus) ne fonctionne pas chez l’oiseau. Une technique récente (Real-Time PCR) sera peut-être utilisée, dans un proche avenir, pour la détection de l’aspergillose chez les oiseaux (elle l’est déjà pour la chlamydophilose, par exemple). Elle permettrait de calculer la quantité d’ADN présente dans un prélèvement donné et, d’établir ainsi la différence entre des oiseaux réellement infectés et, des oiseaux non infectés (simple transit de spores).
Bien entendu, chez un oiseau mort, la mise en évidence directe des lésions caractéristiques et la possibilité simplifiée de leur prélèvement aux fins d’une mise en culture, ou d’un examen cytologique, permettent un diagnostic beaucoup plus simple et précis. Mais, hélas, il est trop tard pour cet oiseau ! Seul aspect positif, cela permet d’envisager les possibles erreurs commises et de sauvegarder ainsi d’autres oiseaux.
Traitement
Il faut surtout se garder de faire un vague diagnostic supposé d’aspergillose, établi à « vue de nez » et se lancer dans un pseudo-traitement inadapté et dangereux. En cas de suspicion d’aspergillose, on consultera, au plus tôt, un vétérinaire, avec lequel on étudiera en détail le cas.
S’il s’avère qu’il y a une forte suspicion d’aspergillose et, dans l’hypothèse (malheureusement rare) que les lésions n’aient pas, déjà, atteint un point de non retour, on peut envisager l’emploi d’un certain nombre de médicaments spécifiques (Azoles, en particulier). Il faut cependant savoir que ces produits ont souvent une action limitée, en raison de la difficulté d’accès au sein des lésions, en général peu vascularisées. Par ailleurs, ils ont des effets secondaires très gênants, en particulier une toxicité hépatique prononcée et, ils doivent être administrés pendant plusieurs semaines.
La chirurgie peut se révéler nécessaire, dans un certain nombre de cas, et surtout, de façon urgente, car vitale, lors d’obstruction de la trachée ou de la syrinx. Ceci nécessite la pose d’une « dérivation respiratoire » provisoire, au niveau d’un sac aérien, le temps d’essayer de dégager les voies respiratoires. En présence de lésions nasales, un curetage soigneux des lésions doit être entrepris, suivi de lavages répétés des cavités nasales. Des exérèses de granulomes des sacs aériens ont pu être réalisées par chirurgie sous endoscopie, mais ceci reste très limité et hasardeux. Un traitement médical complète ensuite la chirurgie.

Prophylaxie

Au vu de ce qui vient d’être dit, on réalise facilement que la meilleure arme pour s’opposer à cette maladie reste la prévention. Elle est capitale. Il est indispensable de fournir aux oiseaux maintenus en captivité, les meilleures conditions de vie possible, même si, par la force des choses, elles sont bien éloignées de celles rencontrées dans la nature.
Il faut donc assurer aux oiseaux la meilleure hygiène possible, hygiène de l’environnement, de la cage, ou de la volière. Une alimentation variée, équilibrée (extrudés ou granulés spécifiques, pour l’essentiel, auxquels s’ajoutent des fruits et des légumes de saison, frais) est indispensable. A l’intérieur, il faut prévoir des extracteurs d’air, des ionisateurs et, éventuellement des lampes à spectre complet, se rapprochant de la lumière naturelle. On doit veiller à limiter au minimum toutes causes de stress et, chercher à assurer le meilleur équilibre psychique aux oiseaux (jouets, bains, jeux, liberté de comportement exploratoire, relations constructives avec l’homme…). Cependant, en dépit des meilleurs soins, il peut exceptionnellement arriver que certains oiseaux, dépourvus de défenses immunitaires appropriées, souffrent malheureusement d’aspergillose.


 

Auteur du sujet

Nepita
Activité: 25 Novembre 2015

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