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À 12 ans, pendant la pandémie de Covid-19, Aamir Tinwala commence à s'intéresser de près aux oiseaux sauvages de son Texas natal. Il vient alors de perdre son oiseau de compagnie et passe du temps à se documenter sur les espèces qui vivent autour de lui. Ses recherches l'amènent à s'intéresser à la disparition des habitats naturels et aux difficultés rencontrées par les oiseaux qui ont besoin de cavités pour nicher.
Avec l'aide de son père, il entreprend de fabriquer des nichoirs dans le garage familial. L'initiative est simple, mais elle ne tarde pas à prendre de l'ampleur. Les nichoirs donnent bientôt naissance à des ateliers, puis à un réseau de participants qui s'étend bien au-delà de sa ville.
Le projet prend le nom de Backyard Bird Project, littéralement « projet des oiseaux du jardin ».
Les premiers nichoirs constituent le cœur du projet. Si les nichoirs ne remplacent pas tous les habitats naturels, ils peuvent toutefois être utiles à certaines espèces qui se reproduisent dans des cavités, notamment lorsque les arbres morts, les branches creuses ou les vieux troncs deviennent plus rares. Il s'agit de comprendre les besoins des oiseaux locaux et de fabriquer des abris adaptés aux espèces susceptibles de les utiliser.
Au Texas, Aamir s'intéresse notamment à des oiseaux comme la mésange à tête noire de Caroline, le merlebleu de l'Est ou encore le cardinal rouge. Ces espèces ne présentent pas toutes les mêmes besoins : les dimensions du nichoir, le diamètre de l'ouverture et son emplacement doivent être adaptés aux oiseaux recherchés.
Dès ses premières réalisations, le jeune constructeur comprend donc qu'un nichoir ne se résume pas à une simple boîte munie d'un trou. Sa conception doit tenir compte des espèces ciblées et des risques liés aux prédateurs ou à la concurrence entre oiseaux.
Dans un entretien accordé à Nautilus en 2021, Aamir expliquait déjà l'importance du choix de l'ouverture et des matériaux utilisés pour fabriquer ces abris.

Le Backyard Bird Project aurait pu rester une activité personnelle. Il s'est au contraire transformé en projet de sensibilisation.
Aamir commence à organiser des ateliers au cours desquels les participants apprennent à fabriquer leurs propres nichoirs. Des enfants, des parents et des personnes âgées se retrouvent autour d'un établi pour couper, percer et assembler les différentes pièces. Ces rencontres sont aussi l'occasion de parler du rôle des oiseaux dans les écosystèmes, de la disparition des habitats naturels et des moyens de favoriser la biodiversité dans les espaces urbains et résidentiels.
Le principe présente un avantage évident : les participants repartent avec une réalisation concrète, mais aussi avec de nouvelles connaissances. Ils peuvent ensuite installer leur nichoir chez eux et observer les oiseaux susceptibles de l'occuper.
Au fil du temps, les ateliers se multiplient dans plusieurs communes de la région de Dallas. Des bénévoles rejoignent l'organisation et contribuent à la préparation des événements.

Selon les informations publiées par Audubon Texas, Aamir a personnellement construit et installé plus de 750 nichoirs depuis le lancement du projet. Ces installations ont été réalisées dans plusieurs comtés du Texas et concernent plus de 16 espèces d'oiseaux locales.
En mars 2026, l'organisation indiquait également avoir organisé près de 64 événements, en présentiel ou en ligne. Le Backyard Bird Project était alors présent dans 24 États américains et trois pays.
Cette expansion repose notamment sur un fonctionnement décentralisé. Aamir accompagne les personnes qui souhaitent créer une antenne locale, puis celles-ci développent leurs propres activités en fonction des espèces présentes dans leur région.
Un nichoir destiné à une petite espèce cavernicole du Texas ne sera pas nécessairement adapté à un oiseau vivant ailleurs. Le projet peut donc être reproduit, mais ses réalisations doivent être pensées en fonction des besoins locaux.
Avec le temps, les activités d'Aamir dépassent la seule fabrication de nichoirs.
Le jeune militant a notamment participé à une campagne visant à faire reconnaître le faucon crécerelle d'Amérique comme oiseau officiel de Coppell, la ville texane où il vit. Cette démarche avait pour objectif de renforcer l'intérêt des habitants pour une espèce locale et pour les questions de conservation.
Il s'intéresse également aux liens entre les conditions environnementales et la reproduction des oiseaux. D'après Points of Light, il expérimente des nichoirs équipés de capteurs capables de mesurer notamment la température et l'humidité.
Ces dispositifs pourraient aider à mieux comprendre les conditions rencontrées par les oiseaux pendant la période de reproduction. Aamir indique aussi travailler sur un outil intégrant des données de pollution atmosphérique et d'observation des oiseaux afin d'étudier les migrations et de déterminer les emplacements les plus favorables à l'installation de nichoirs.
Parallèlement, Aamir participe à des initiatives de plantation d'arbres. Avec l'organisation Project Rise, il contribue notamment à un projet qui prévoit la plantation de 20 000 arbres dans le cadre d'actions en faveur de l'environnement et des oiseaux.

L'histoire du Backyard Bird Project ne repose pas uniquement sur le nombre de nichoirs fabriqués. Elle montre surtout comment une action très locale peut devenir un point de départ pour mobiliser d'autres personnes.
Cette démarche rappelle que la protection de la biodiversité ne passe pas nécessairement par des actions spectaculaires. Planter des espèces végétales locales, préserver un arbre creux, installer un nichoir adapté ou apprendre à reconnaître les oiseaux de son quartier sont des gestes qui peuvent contribuer à une meilleure connaissance du vivant.
Ils ne suffisent évidemment pas à résoudre les problèmes liés à la destruction des habitats, à la pollution ou au changement climatique. Mais ils peuvent créer un lien entre les habitants et la nature qui les entoure.
Pour Aamir Tinwala, tout a commencé par une activité réalisée dans son garage. Son parcours rappelle qu'une initiative n'a pas besoin d'être immense pour être lancée. Elle doit surtout être suffisamment concrète pour donner envie à d'autres personnes de participer.
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